Pourquoi les chéfaillons de la communauté gay sont pro-prostitution ? Décryptage

prostituteLa grande majorité des manitous de la communauté gay  sont contre la responsabilisation des clients de la prostitution. Des associations comme Act up, Aides et d’autres organisation de santé communautaire. Il y a aussi des associations politiques comme HES ( homosexualités et socialisme) qui soutiennent le statu quo, autrement dit l’impunité des clients  qui achètent des filles ou des femmes trafiquées par des réseaux mafieux. Pourquoi ces organisations de gauche et normalement plutôt en faveur du droit des femmes adoptent-elles des positions franchement sexistes ? C’est ce que je vais essayer de démontrer dans ce post, les raisons sont nombreuses et complexes mais personne ne s’est penché sur ces questions.

Le critère ethnique :

J’emploie le terme « race », au sens anglo-saxon, je dirais plutôt origine ethnique aujourd’hui. Mais la question de fond est qui s’exprime au nom de la communauté gay ? Qui sont ses porte-paroles ? La quasi-totalité des hiérarques de la communauté gay, les responsables associatifs et autres sommités du milieu gay sont blancs et ce sont des hommes cadres sup en général. C’est une réalité. Etre blanc n’est pas une faute, évidemment mais en 2013, dans notre société multiculturelle et postcoloniale, il serait temps d’introduire la diversité au sein de la communauté homosexuelle. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que les positionnements politiques des responsables LGBT sont parfois non représentatifs de  la communauté gay qui est diverse et variée. Il n’y a jamais eu de noirs, d’arabes ou d’asiatiques dans les organes décisionnels du milieu LGBT ( à l’exception de Louis-Georges Tin, le fondateur de la journée mondiale contre l’homophobie). Le résultat est que la parole LGBT au sujet de la prostitution est une parole ethnique et cette parole est blanche, elle ne représente en rien la communauté LGBT. Les gays issus des minorités visibles ont un tout autre avis au sujet  de la responsabilisation des clients et de l’abolition de la prostitution. En tant qu’ asiatique gay de gauche et féminsite, quand je vois à Belleville des chinoises qui attendent dans le froid des clients au regard de vicelard, je suis triste pour elles. Ces femmes pourraient être mes sœurs, ma mère, mes tantes…elles doivent rembourser des dettes contractées en Chine, elles ne font pas ça par plaisir, c’est une réelle contrainte. Inutile de parler des Nigérianes qui travaillent à Paris et sont dans des réseaux  contrôlés par des proxénètes sans scrupules. Moi l’immigré vivant en France je sais que ces femmes ne veulent pas ça, elles y sont contraintes. Le mouvement homosexuel vient de la gauche et au  départ nous militions ensemble, immigrés, gays, lesbiennes, féministes. Aujourd’hui, la communauté gay  m’a lâché. Elle préfère conserver ses privilèges néo-coloniaux.

Il y a un arrière-plan historique concernant la posititon du milieu LGBT sur la prostitution. Pendant des années, la communauté gay a fermé les yeux sur les touristes sexuels, plus particulièrement sur les nantis, les homosexuels friqués des milieux politiques et médiatiques. Le premier exemple fut André Gide, l’écrivain, prix Nobel de littérature qui ne cachait pas dans ses ouvrages  comme « L’immoraliste » ou « Si le Grain ne meurt » son goût pour les jeunes garçons. Ce qu’il n’osait faire en France il le faisait  dans les colonies avec des garçons très pauvres bien entendus, c’est plus excitant n’est-ce pas ? Vu la tronche de Gide, je pense qu’il y a certainement eu rétributions financières. Au passage, ses amants lui servaient de serviteurs, pour cirer ses chaussures par exemple. Ce sont des rapports très égalitaires, vous avez remarqué… Pour beaucoup de pontes et de spécialistes de l’histoire des LGBT, Gide a éveillé les premières étincelles du désir homosexuel en France. Pour Nous, minorités visibles LGBT, il a tout simplement craché sur notre dignité d’ex-colonisés, il nous a acheté, il s’est servi. L’histoire littéraire et l’histoire tout court est écrite par les puissants, ça je le sais maintenant.

Plus proche de nous, le regretté, Pascal Sevran, animateur gay de la ringarde émission « La chance aux chansons » sur le service public, excusez du peu, déclarait dans un tome de ses mémoires : « Si le tourisme n’était pas sexuel (…) on se demande ce que nous irions faire dans ces contrées impossibles pleines de moustiques (…) Nous n’aurions aucune raison de nous trimbaler de gares en aéroport, de braver des cyclones (…) si nous n’avions pas l’espoir de quelque lolita ou lolito consentant à nous consoler du temps qui passe » . Pascal Sevran s’adonnait à ce passe-temps, payer des lolitos, comme il dit, donc des adolescents noirs, arabes  et il trouvait ça normal. Il a pu faire l’animateur télé pendant toutes ces années sur le service public payé par nos impôts. Il a bien sûr bénéficié du soutien de son grand ami Marc Olivier Fogiel. Aujourd’hui on sait très bien que Pascal Sevran avait des opinions racistes, on se souvient de son célèbre : « La bite des Noirs est responsable de la famine en Afrique ». Sevran était un grand ami de Sarkozy. Il y a chez Sevran un racisme pétri de fantasmes néo-coloniaux qu’on retrouve chez bon nombres de gays blancs  qui sont vent debout contre la pénalisation des clients aujourd’hui.

Pour un animateur télé, certes, c’est pas très chic de dire qu’on va acheter des corps jeunes et graciles dans des pays rongés par la misère et la pauvreté. Mais on a eu pire ! Si, si, Fréderic Mitterand, ça vous dit quelque chose ? Un homosexuel flamboyant et surtout  très chiant, cousin de l’ex-président de la République. J’ai la citation immonde de son bouquin qui a d’ailleurs  été salué par la presse:

« J’ai pris le pli de payer pour des garçons…Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici…Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément… On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable  … La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas ».

C’est immonde et ça se passe de commentaires. La communauté LGBT n’a pas réagi, la plupart l’ont soutenu et ont fait passer cette attaque à son encontre pour de l’homophobie.  Dénoncer un ministre qui paye des adolescents dans la misère dans un pays du tiers-monde, c’est de l’homophobie ? Je dois avouer qu’à ce moment là je n’ai pas compris. Tout le monde se taisait, le silence le plus assourdissant était celui de la communauté gay. L’esclavage sexuel ne concerne pas les homosexuels blancs, tant qu’ils en profitent et qu’ils sont  en position de néo-colonisateur, c’est bon, ça va encore, on va pas en faire un fromage…

Pour résumer de Gide, à Pascal Sevran, en passant par Frédéric Mittérand, il y a chez tous ces hommes gays consommateurs de prostitués une constante : ils sont blancs et conscients de leur supériorité ethnique, économique et sociale et ils en abusent dans l’impunité totale avec la complicité de la communauté gay qui les protège. Les grands perdants sont les immigrés LGBT, les minorités visibles issues de ces colonies où ces blancs viennent chasser leur proie. Les grandes perdantes aussi sont les femmes lesbiennes qui n’ont pas leur mot à dire concernant la prostitution dans le milieu LGBT. Elles ne représentent que 20% ou 10% du total des adhérents des assos LGBT, du fait de la lesbophobie et du sexisme de ces gays virilistes et masculinistes.

Les gays ont oublié que sans féminisme, il n’y a pas d’égalité tout court. Je publie ce post comme une bouteille jetée à la mer en espérant que des gens relaieront mon message.

N.B : Quand je dis les blancs, je ne veux pas dire que tous les blancs sont pro-prostitution, beaucoup de blancs sont féministes et respectueux de ces femmes. Ce qui est flagrant c’est que la quasi-totalité des prostituées sont issues des minorités visibles et on ne les entend jamais.  Je souhaite plus de représentativité dans les instances LGBT et plus d’inclusivité.

Gay et pour l’abolition du système prostitueur et la pénalisation des clients. Pourquoi ?

Je suis gay féministe et pour la pénalisation des clients de la prostitution. Pourquoi ?

Mon témoignage :

Marc, 26 ans, étudiant à Paris

Je m’appelle Marc, je suis étudiant et gay. Je suis d’origine asiatique  donc issu de l’immigration comme on dit. Je me suis prostitué pendant une période. Pourquoi ? C’est compliqué…

Ma famille m’a rejeté parce que j’étais homosexuel. Je suis efféminé et ça se voyait vraiment. Ma mère me disait de porter une robe quand j’avais sept ans pour m’humilier. Elle avait du regret de m’avoir donné la vie. Très tôt j’ai été la risée de mes camarades de classe. Mes manières, ma douceur et ma délicatesse étaient source de moqueries et parfois de rejet. Durant toute mon enfance et mon adolescence, je n’ai reçu aucun amour. Arrivé à l’âge adulte, j’ignorais ce qu’était l’affection, le partage, l’estime de soi. Je me détestais. L’homophobie de mes parents, de mes frères et sœurs et de ma famille m’avait détruit. Le rejet de la société n’était pas mieux. Etre efféminé est un réel handicap dans le monde du travail. On ne vous respecte pas, on vous marche sur les pieds, on se moque de vous.  Je me suis dit  très tôt que mon rêve, plutôt mon fantasme d’ailleurs, était de me prostituer à Place Dauphine à Paris. J’espérai que des hommes plus âgés et plus riches pourraient m’aider à m’accepter tel que j’étais. J’imaginais le client comme un « papa » qui pourrait me donner de la valeur grâce à son argent. Même s’il me donnait 10 euros, j’aurai été satisfait, juste un peu d’amour, c’est tout !

Une fois arrivé  à Paris pour poursuivre mes études, j’ai commencé à mettre des annonces sur internet, des annonces de prostitution bien sûr. Les sites comme Vivastreet ou Wannonce sont de réels « bordels virtuels ». J’ai vite compris que les fameux clients étaient pour la plupart des hétéros planqués ou soit des homosexuels viellissants. C’était vraiment loin de l’image que j’avais des clients. Je pensais que c’était des gays fortunés et raffinés aux bonnes manières, paternels et bienveillants. La réalité est tout autre. Beaucoup d’hommes recherchent des étudiants, ils le précisent d’ailleurs dans leurs annonces. L’étudiant est par définition dans une précarité économique surtout à Paris, ce qui fait jouir les clients c’est bien cette fragilité estudiantine. Ils nous achètent et c’est encore mieux si on est vulnérable, ils en retirent un plaisir particulier.

Aujourd’hui, encore, quand je repense à ces passes que j’ai faites, j’ai envie de vomir. Je revois encore ces vieux cochons qui me tendaient leurs billets de 20 euros, l’air satisfait et repu. Ils me laissaient seul, avec leurs taches de luxure déposées sur mon corps. Après, venait le rituel de la douche, où je devais enlever, leur odeur, leur transpiration, leur parfum. J’avais envie de mettre de la javel des fois tellement c’était horrible. On perd peu à peu son identité, on oublie les visages. On se laisse abuser sans rien dire. Quand j’étais enfant ma mère me battait en disant que j’étais une « fillette » et  avec ces hommes, ces clients, j’étais enfin cette fillette lubrique qui faisait la seule chose qu’elle savait faire : vendre son cul et sa bouche. Oui, c’est cru mais ce monde est cruel et sans pitié, malgré ce qu’on dit.

Ma mère m’a souvent menacé de me couper les vivres. J’étais un fardeau pour elle. Dans ces périodes de conflit, je repostais sur le net des annonces de prostitution par dizaine. Mais l’argent gagné je ne pouvais le garder. Je le dépensais tout de suite, l’argent était sale. Je le savais inconsciemment. Beaucoup de mes amis gays se sont prostitués. On était tous asiatiques ou beurs, en tous cas des immigrés gays rejetés par leurs parents.  Au fond, on voulait être aimé pour ce qu’on était : des jeunes gays. J’ai pensé au bois de Boulogne aussi. Dans la société hétéronormée, un homosexuel efféminé n’a pas sa place. On m’a souvent dit que la finesse de mes traits me permettrait de travailler en Travesti. Comme ça j’aurai pu donner mes fesses aux hétéros mariés et pères de famille. C’est ce qu’on propose aux gens comme nous… j’ai longtemps pensé que la prostitution était mon destin. Ma mère me l’avait dit, je finirai mal de toute façon. Je l’ai écoutée et j’ai connu l’enfer.

Aujourd’hui, je suis sorti de la prostitution. Je n’ai pas connu les réseaux, les proxénètes et le danger de la prostitution de rue mais je sais que c’est une violence. Beaucoup de mes amis sont arrivés à la prostitution car ils avaient été rejetés par leur famille du fait de leur homosexualité. C’est un mécanisme psychologique complexe. L’argent des clients était vécu comme une validation de notre valeur d’être humain. Mais tout ça c’était faux. On avait juste besoin d’amour, un amour vrai et désintéressé qu’on avait pas reçu de nos familles.

La plupart des clients que j’ai fréquentés étaient des gens grossiers et vulgaires qui nous méprisaient. L’image du client sauveur véhiculé par les médias et le lobby pro-prostitution est une vaste escroquerie. Le pire moment est celui où ils sortent les billets. Je sais que je suis minoritaire dans le milieu associatif LGBT. Les boutiquiers du Marais sont plutôt favorables au statu quo. Le STRASS, Hervé Latapie, Aides, Act UP et toute les associations qui luttent contre le SIDA sont des complices du statu quo en ce qui concerne la situation des personnes prostituées. Je suis immigré, et je remarque que ce sont toujours des blancs friqués  qui prennent la parole dans ces assos là. D’ailleurs le STRASS se fout pas mal de la situation des Nigérianes et des Chinoises de Belleville. J’ai entendu un de leur membre dire que la situation des filles dans les réseaux n’était pas leur problème. J’ose le mot, il y a un soupçon de racisme dans ces associations qui acceptent la traite des femmes étrangères comme un mal nécessaire. Quid des jeunes Roms qui se prostituent à Paris, garçons comme filles ? C’est ça qu’on veut pour eux, sachant que beaucoup sont mineurs. Le milieu LGBT me déçoit sur cette question mais après tout en tant qu’immigré je sais que les gays ne sont pas mieux que les autres. La première boite de nuit condamnée pour racisme était le Queen, haut lieu du milieu homo lors des années 90.

Un blanc qui exploite un noir, un vieux qui exploite un jeune, un homme qui exploite une femme, un hétéro qui exploite un Trans, un riche qui exploite un pauvre : c’est ça la prostitution, une relation de pouvoir sans égalité. Un gay blanc  de 45 ans me faisait la confidence : « Quand je serai vieux, j’aimerais bien me payer un ptit jeune pour m’amuser ». Beaucoup de gays de cet âge là ou plus âgés sont contre l’abolition de la prostitution pour ces raisons là. Ils veulent profiter de leur retraite et c’est mieux si la marchandise est exotique : Beurs, Chinois, Asiatiques, Brésiliens et j’en passe. C’est le règne de la gérontocratie blanche homosexuelle. Moi qui rêvait d’une société métissée et ouverte sur le monde avec un monde post-colonial, je me retrouve avec une communauté gay décomplexée par rapport au Front national et qui plus est, favorable au maintien du système prostitueur. Les vieux exploitent les jeunes et les blancs  exploitent les minorités ethniques qui sont les plus fragilisés par la crise et enfin les riches gays exploitent les gays prolétaires et autres LGBTi déclassés et vulnérables.

Je suis gay, immigré, féministe, et pour la pénalisation des clients de la prostitution et pour l’abolition du système prostitueur. J’ai été une victime de ce système. La communauté gay me dit que je suis une salope ou une trainée et que je dois continuer à faire cela. Moi je pense que j’ai droit à l’amour, au vrai et au respect de moi même.

PS pour ACT UP et AIDES : Au lieu de vous focaliser sur le SIDA, si vous pensiez un peu à apporter plus d’amour à ces jeunes qui sont dans la prostitution, ça ne changerait pas les choses ? Vos capotes m’ont pas servis, les clients préfèrent sans de toute façon. Vous m’avez maintenu dans ma précarité. Ce que j’attendais c’était autre chose de votre part, juste de l’amour….

 Imagesource: La tribune de Genève
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